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Québec : Les fruits et légumes moches désormais autorisés à la vente

La Canada autorise à la vente les fruits et légumes esthétiquement imparfaits.

Conso. Le gouvernement de la province du Québec, au Canada, va désormais autoriser à la vente les fruits et légumes d’apparence difforme. Un moyen efficace de réduire le gaspillage alimentaire.

Ils sont moches, voire repoussants, mais leurs qualités demeurent intactes et comparables aux autres produits esthétiquement plus attrayants. La dictature de la beauté qui frappait aussi les fruits et légumes est en passe d’être renversée au Québec. Nos cousins d’outre-Atlantique ont en effet décidé d’autoriser la vente, en magasins et sur les marchés de plein air, les fruits et les légumes qui ne correspondent pas aux critères de calibrage et d’apparence jusqu’alors réglementaires.

Pierre Paradis, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, a annoncé ce lundi l’abrogation du Règlement sur les fruits et légumes frais : la vente des légumes imparfaits est dorénavant encouragée. « Le règlement sur les fruits et légumes frais avait pour seule fin de standardiser l’apparence des produits pour la vente, il n’était plus actuel et devait évoluer en fonction des attentes des consommateurs », a souligné le ministre dans un communiqué.

La fin d’une incongruité économique

De fait, la levée de l’interdiction met non seulement fin à une incongruité dont le fondement est purement esthétique, mais elle vient répondre à plusieurs impératifs économiques. A commencer par les producteurs, qui pourront maintenant écouler la (quasi) totalité de leur récolte et de leurs stocks. « Les entreprises pourront diversifier leur offre et les entrepreneurs agricoles auront la possibilité de vendre une plus grande partie de leur production », a souligné Pierre Paradis. Une étude réalisée par le Centre de Gestion de la Chaîne de Valeur confirme ses propos : 10% de la production était tout simplement bannie du circuit de distribution en 2010 au seul motif esthétique.

Il s’agit même là d’une initiative gagnant-gagnant car les consommateurs pourront ainsi bénéficier d’un choix plus large et de prix nécessairement plus attractifs. Ce que n’a pas manqué de préciser le ministre : « Les consommateurs auront un plus grand choix, tout en étant assurés de se procurer à meilleur prix des produits sains qui répondent aux standards de salubrité. »

Les experts du secteur se réjouissent également de cette mesure. Le professeur Sylvain Charlebois de l’Université de Guelph, en Ontario, et expert en politique alimentaire revient sur les ravages causés jusqu’à présent par les chaînes de distribution nord-américaines sur les attitudes et les comportements des consommateurs, comparativement à leurs alter ego européens. « En Europe, si vous voulez acheter des pommes de terre aux formes parfaites, il faut vous lever tôt. Au fur et à mesure que la journée s’écoule, dès le début de l’après-midi, vous ne trouverez sur les étals que les spécimens difformes… », avance l’universitaire à titre d’illustration. S. Charlebois se félicite par ailleurs que le retrait du Règlement démontre la maturité et l’ouverture d’esprit atteinte par le marché québécois.

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christine.loran@industrie-agroalimentaire.com

Christine Loran, diplômée en Microbiologie dans les industries agro-alimentaires à l’Université de Aix-Marseille et passionnée d’innovation agroalimentaire, écrit régulièrement pour le compte du site IAA.

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