HomeA la UnePeste porcine : entre inquiétude et optimisme

Peste porcine : entre inquiétude et optimisme

L'OMC a arbitré en faveur de l'UE à propos de l'embargo russe sur les importations de porc.

Depuis le début de la crise de peste porcine en Chine, les cours du cochon se sont envolés. De quoi ravir les producteurs mais effrayer les industriels.

D’un côté, l’inquiétude est de mise : en pleine crise de la peste porcine en Chine, les industriels redoutent la flambée des prix à l’achat qui réduiraient leurs marges. « Les industriels de l’agroalimentaire vont souffrir de l’engouement pour les porcs européens qui s’annonce », indique à L’Usine Nouvelle Gaultier Le Molgat, vice-président du cabinet de conseil Agritel. De quoi réduire drastiquement les revenus des transformateurs. Pour ces derniers, la matière première — le porc, donc — représente 50 % du prix du produit. Un taux qui atteint 80 % pour la charcuterie. Avec une montée des cours, la marge des industriels sera donc fortement réduite si celle-ci n’est pas répercutée sur les prix de vente. De quoi inquiéter les industriels, alors qu’un tiers des entreprises du secteur sont déficitaires, comme l’indique au magazine Fabien Castanier, délégué général de fédération professionnelle des industries charcutières, traiteurs et transformateurs de viandes, qui estime que trois-cents entreprises pourraient fermer en cas de flambée des prix du porc.

Des cours qui s’envolent

Confirmation chez les géants du secteur : Fleury Michon enregistrerait déjà 20 millions d’euros de surcoût depuis l’apparition de la peste porcine. Les transformateurs « se retrouvent pris entre la hausse des cours et la pression de la distribution », indique ainsi Emmanuel Commault, directeur général de la coopérative Cooperl. Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres : les producteurs de porcs sont en effet ravis de voir les prix grimper. Le cours du porc s’est envolé de 35 % ces dernières semaines. Le secteur de base reste donc optimiste alors que le cours avait déjà augmenté de 40 % depuis janvier dernier. Mais il faut s’adapter : les abattoirs doivent répondre présent et si la situation se prolonge, le porc se fera de plus en plus rare. D’autant plus si la Chine, en proie à une crise sanitaire sans précédent, se met à acheter sa matière première en Europe et plus particulièrement en France.

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christine.loran@industrie-agroalimentaire.com

Christine Loran, diplômée en Microbiologie dans les industries agro-alimentaires à l’Université de Aix-Marseille et passionnée d’innovation agroalimentaire, écrit régulièrement pour le compte du site IAA.

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