HomeA la UnePas de drapeau blanc dans la guerre des prix

Pas de drapeau blanc dans la guerre des prix

La récolte de blé pour la saison 2016 s'annonce désastreuse en France, qui pourrait perdre son leadership européen en matière d'exportations.

Alors que la loi alimentation devait permettre de meilleures négociations entre agriculteurs et distributeurs, le constat est pour le moment très négatif.

La loi alimentation était censée rendre plus vivable la situation des producteurs face au féroce appétit des distributeurs et des industriels. Mais a-t-elle vraiment permis d’améliorer leur situation ? Pas vraiment, à en croire les principaux concernés qui estiment que les négociations sont « aussi terribles » que les années précédentes. Les agriculteurs, qui s’attendaient à avoir de meilleures relations avec les enseignes de distribution estiment que « rien n’a changé » et que la loi alimentation est donc inefficace. C’est en tout cas ce qu’assure l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), qui vient de publier un communiqué.

Selon l’Ania, la réalité « cette année s’avère aussi terrible que les années précédentes : demandes de baisses de prix systématiques de la grande distribution à l’encontre des entreprises alimentaires, pressions, chantage, menaces de sorties de rayons pour vos produits si vous n’acceptez pas les conditions imposées… » Selon l’association, la loi est inefficace : « Et déjà le signalement de premiers contournements de la loi qui vient tout juste d’être mise en application ! », écrit l’Ania qui veut partager ce constat « lors du Comité de suivi des relations commerciales organisé par Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances et Didier Guillaume, Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation. »

L’Ania a décidé qu’il fallait appeler « les pouvoirs publics à faire respecter la loi Egalim et à sanctionner durement les infractions et contournements abusifs. » Un premier couac à la loi alimentation qui fait tâche. Pour en arriver à cette conclusion, l’association s’est appuyée sur les chiffres de l’Observatoire des négociations commerciales qui a recensé « les retours de plus de 450 entreprises alimentaires de toutes tailles et de tous secteurs. » Le sondage est édifiant : près de la totalité des entreprises (96 %) estime que « la situation avec leurs clients de la grande distribution n’est pas meilleure, voire s’est dégradée, par rapport à l’an passé. »

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christine.loran@industrie-agroalimentaire.com

Christine Loran, diplômée en Microbiologie dans les industries agro-alimentaires à l’Université de Aix-Marseille et passionnée d’innovation agroalimentaire, écrit régulièrement pour le compte du site IAA.

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