HomeA la UneVers des « happy hours » dans les supermarchés ?

Vers des « happy hours » dans les supermarchés ?

En Finlande, une enseigne de supermarchés propose des ventes flash dans les dernières heures d’ouverture de ses magasins. Une façon de lutter contre le gaspillage alimentaire.

Mieux que les soldes ? Une enseigne finlandaise a décidé de vendre, à prix cassés, des denrées ayant des dates de péremption rapides chaque jour, lors des trois dernières heures d’ouverture de ses magasins. Avec 900 points de vente, cette opération offre une véritable opportunité à des clients à la recherche de prix bas. De quoi donner des idées à la grande distribution française ? Avec plus de 150 kilos de nourriture gaspillés chaque année par habitant, la France pourrait s’inspirer d’une telle opération pour sa lutte antigaspi. En tout cas, le concept d’« happy hour » a de quoi attirer les foules : dans les points de vente de S-market, entre 21 heures et minuit, les clients se rues sur les promotions pouvant aller jusqu’à – 60 %. Une opération pour l’environnement, bénéfique pour les clients mais blanche pour le supermarché : « Lorsque nous vendons à – 60%, nous ne gagnons pas d’argent, mais nous en perdons moins que si nous le donnions à des associations », résume le vice-président de S-market.

S’il est désormais « possible pour tous les Finlandais d’acheter à bas prix », se félicite l’enseigne, c’est donc un manque à gagner pour les associations. Mais les enseignes françaises ont déjà eu du mal à accepter de donner leurs invendus aux associations. Les faire changer d’avis une nouvelle fois risque d’être compliqué. Sauf que ces « happy hours » peuvent être un vrai plus commercial et attirer des clients à des horaires où le taux de fréquentation est bas. Le ministère de la Transition écologique et solidaire présente ce mardi un projet de loi anti-gaspillage et pour une économie circulaire devant le Sénat. Les rapporteurs du texte assurent qu’une telle opération est légalement possible. Mais les enseignes sont frileuses. « Nos clients préfèrent qu’on propose cette solution de manière continue tout au long de la journée », résume un responsable de Carrefour au Figaro qui préfère donc faire « des dons alimentaires réguliers aux associations » et propose « également des paniers Too Good To Go». La distribution est donc peu favorable aux « happy hours », mais ces opérations pourraient arriver un jour en France si elles connaissent un gros succès à l’étranger.

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magali.monceau@industrie-agroalimentaire.com

Magali Monceau, titulaire d’un Master en Biologie et Santé – Nutrition Humaine et développement de l’Aliment Santé -, elle est responsable qualité pour un laboratoire à Nantes et chroniqueuse également pour le site IAA.

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