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Etats-Unis : de nouvelles règles dans l’industrie du porc

L'OMC a arbitré en faveur de l'UE à propos de l'embargo russe sur les importations de porc.

Le ministère américain de l’Agriculture a dévoilé mardi de nouvelles règles s’appliquant aux abattoirs de porcs, suscitant une grande inquiétude chez certains groupes de défense des travailleurs et des consommateurs.

La nouvelle réglementation prévoit notamment de retirer toute limite à la vitesse à laquelle les abattoirs peuvent abattre et découper les animaux et de confier à leurs salariés les tâches de trier les bêtes avant leur abattage et de vérifier la présence d’éventuels défauts sur les carcasses. Les inspecteurs continueront de contrôler tous les animaux avant et après leur abattage mais cette nouvelle répartition devrait permettre, selon le ministère, de diminuer leur nombre sur les lignes et de dégager du temps pour conduire d’autres vérifications dans l’établissement, sur la sécurité alimentaire ou encore le bien-être des animaux. La réforme devrait supprimer environ 150 postes d’inspecteurs dans le pays, où sont élevés chaque année 115 millions de porcs. Cette évolution est bien accueillie par l’industrie, le Conseil national des producteurs de porc saluant un nouveau système qui « incite à investir dans les nouvelles technologies tout en garantissant un approvisionnement sûr en porcs américains sains ». D’autres organisations sont en revanche inquiètes.

Le syndicat représentant les travailleurs dans l’agroalimentaire (UFWC) « condamne » ainsi cette nouvelle règle autorisant les abattoirs à régler eux-mêmes la cadence. Les travailleurs, qui opèrent déjà à des températures fraîches, dans le bruit, sur de sols glissants et effectuent des dizaines de milliers de mouvements répétitifs lors d’une vacation, vont être exposés à plus de danger, craint son président Marc Perrone, cité dans un communiqué. « Des porcs contaminés rendent malades des dizaines de milliers de personnes chaque année aux Etats-Unis et cause environ 10% des infections à la salmonelle », a de son côté mis en avant Thomas Gremillion, spécialiste de la sécurité alimentaire pour la Fédération américaine des consommateurs.  « Les enjeux sont tout simplement trop importants pour hâter des règles comme celles-ci qui introduisent des changements au système d’inspection », a-t-il ajouté dans un communiqué en contestant la façon dont le ministère de l’Agriculture a évalué les risques sanitaires. Le ministère fait pour sa part valoir que les nouvelles règles sont basées sur un projet pilote mené depuis 1997, dans cinq abattoirs, où la cadence est en moyenne supérieure de 12,5% aux autres établissements.

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stephanie.lefevre@industrie-agroalimentaire.com

Stéphanie Lefevre, experte en agroalimentaire et consultante en sécurité alimentaire à Annecy, met ses connaissances et sa passion de l’Industrie Agroalimentaire à disposition du média IAA en traitant des actualités.

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