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Cancérogène ou pas, la viande rouge ?

Cancérogène ou pas, la viande rouge fait l'objet d'études contradictoires.

Les données sur la base desquelles le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS avait avancé, en octobre dernier, que la viande rouge et transformée pourrait causer le cancer sont aujourd’hui réfutées par un syndicat sectoriel américain.

Le lien établi par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) entre consommation de viande rouge et/ou transformée et survenue du cancer avait ébranlé l’industrie agroalimentaire, à la fin de l’année dernière. Dans une déclaration officielle, l’Institut Nord-Américain de la Viande (NAMI) avait qualifié l’annonce de l’OMS de « théâtrale et alarmiste », précisant qu’elle défiait aussi bien le bon sens que les nombreuses études qui montrent non seulement l’absence de corrélation entre consommation de viande et cancer mais qui soulignent même les bénéfices pour la santé d’un régime équilibré où la viande a toute sa place ».

Si l’on peut suspecter le NAMI, de par sa mission, de partialité, il n’en demeure pas moins que sa contre-attaque mérite attention. En effet, sur les quelque 800 études analysées par le centre de recherches de l’OMS et ayant servi de base à ses conclusions l’année dernière, les experts du NAMI considèrent que moins de 6% de ces ressources scientifiques s’avèrent suffisamment concluantes pour déterminer un lien entre l’absorption de viande et la survenue du cancer colorectal.

De la fiabilité des recherches financées par les industriels

D’autres études, utilisant ces mêmes données, ont produit des résultats différents. Voire diamétralement opposés puisque certaines montreraient que la consommation de viande viande rouge diminuerait en fait le risque de développer un cancer colorectal. Qui a raison ? Qui a tort ? Aujourd’hui, personne ne peut prétendre détenir la vérité absolue, ni même y accéder. Quand des affirmations relatives à la santé publique sont susceptibles d’enrayer les ventes d’une industrie, les consommateurs ne sont naturellement pas enclins à croire les syndicats sectoriels d’entreprises sur parole.

C’est le problème – récurrent et toujours insoluble – soulevé par la recherche financée par des entreprises privées. Un problème qui souligne dans le même temps l’importance centrale de la transparence des procédures de recherche et de publication des résultats. Elle seule peut mettre à jour ou éliminer les biais – réels ou perçus comme tels – de la recherche. Et aider le client à faire des choix de consommation et de santé en toute connaissance de cause.

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christine.loran@industrie-agroalimentaire.com

Christine Loran, diplômée en Microbiologie dans les industries agro-alimentaires à l’Université de Aix-Marseille et passionnée d’innovation agroalimentaire, écrit régulièrement pour le compte du site IAA.

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