HomeActualitésEconomieAu Cameroun, les violences fragilisent l’industrie agroalimentaire

Au Cameroun, les violences fragilisent l’industrie agroalimentaire

En proie à des violences, le nord-ouest et le sud-ouest du Cameroun sont de plus en plus isolés. Conséquence : la quasi totalité des industries agroalimentaires sont inaccessibles.

Le chiffre fait froid dans le dos : selon le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam), qui vient de remettre un rapport consacré à l’impact économique de la « crise anglophone » dans le pays, au moins 60 % des industries de l’agroalimentaire sont devenues inaccessibles. Ce chiffre pourrait même atteindre 80 %. Depuis novembre 2016, une crise sociopolitique secoue les régions anglophones du Cameroun, dans le nord-ouest et dans le sud-ouest. Des affrontement entre forces de l’ordre et sécessionnistes ont un impact considérable sur la région. Outre un exode massif de la population, cette crise a des répercussions économiques pour le pays.

Le patronat camerounais indique dans son rapport alarmiste que plusieurs entreprises dans les deux régions du Cameroun concernées par la crise anglophone ont été contraintes au démantèlement de leurs infrastructures logistiques et de commercialisation. Avec un objectif pour elle : sauver leur matériel des actes de vandalismes et des destructions. Principales entreprises touchées, les industries de fabrication des boissons qui auraient enregistré des pertes sèches de leurs chiffres d’affaires allant parfois jusqu’à 40 milliards de francs CFA, soit 60 millions d’euros. Le Gicam affirme par ailleurs de les vols et les actes de vandalisme ont coûté plus de 500 millions de francs CFA aux industriels.

Parmi les risques encourus par les industries, il y a également les rapts d’employés. Le Gicam affirme dans son rapport que des entreprises ont dû débourser des sommes importantes pour échapper aux rackets ou payer des rançons. Autre problématique : les camions de livraison qui sont régulièrement incendiés, notamment lorsqu’ils transportent des céréales. Les rythmes de livraisons ont baissé de 5 à 40 % selon les entreprises. De quoi provoquer un manque à gagner qui atteindrait donc près de 5 milliards de francs CFA pour les entreprises du secteur meunier. Conséquence, le Gicam craint des licenciements et table sur une baisse de 15 % des effectifs dans ce secteur.

FOLLOW US ON:

magali.monceau@industrie-agroalimentaire.com

Magali Monceau, titulaire d’un Master en Biologie et Santé – Nutrition Humaine et développement de l’Aliment Santé -, elle est responsable qualité pour un laboratoire à Nantes et chroniqueuse également pour le site IAA.

Rate This Article: