HomeA la UneBrexit : à quelle sauce vont être mangées les entreprises françaises ?

Brexit : à quelle sauce vont être mangées les entreprises françaises ?

Nestlé, Lactalis et Danone en tête du classement des 20 plus grandes entreprises laitières au monde.

L’agroalimentaire français attend de savoir quelles seront les conséquences du Brexit. Le Royaume-Uni est un gros importateur de produits français.

Le chiffre est impressionnant : chaque année, l’agroalimentaire français envoie 10 % de ses exportations vers le Royaume-Uni. Autant dire que le Brexit, actuellement en discussion outre-Manche, est un sujet qui préoccupe jusque dans l’Hexagone. Les Britanniques sont le troisième marché de l’agroalimentaire bleu-blanc-rouge et ce ne sont pas les producteurs de champagne qui diront le contraire. Du côté de Clovis Taittinger, responsable des exportations de la maison du même nom, interrogé par L’Usine nouvelle, « quel que soit le scénario, le Brexit sera une réalité dans quelques mois. Pour nous y préparer, avec la collaboration de nos distributeurs sur place, nous avons gonflé nos stocks. » Sauf qu’il s’agit là d’une solution à moyen, voire court, terme. Dans quelques mois, il faudra revoir la stratégie. « Le temps d’en savoir plus et de nous organiser », dit-il. Même son de cloche dans plusieurs autres secteurs, comme celui des produits laitiers ou du sucre.

Les producteurs français en appellent désormais à une nouvelle politique. S’ils savent que le Brexit est une réalité depuis plusieurs mois, ce qui arrive bouscule la donne. « Jusqu’à récemment, nous étions circonspects quant à l’éventualité d’un hard Brexit et nous ne voulions pas pousser les entreprises à surinvestir », affirme au magazine Jehan Moreau, directeur général de la fédération nationale des industries laitières. Selon lui, peut-être faudra-t-il envisager d’installer des filiales directement au Royaume-Uni ou tout du moins avoir une adresse commerciale. Mais le constat est le même chez les producteurs de lait que dans d’autres secteurs : on ne sait pas quoi faire. D’autant que les termes exacts du Brexit ne seront connus qu’au dernier moment. Avec une note d’optimisme toutefois : « Les exportations ne vont pas s’arrêter du jour au lendemain. Reste à savoir comment elles vont s’organiser », affirment les professionnels de l’agroalimentaire, encore relativement optimistes.

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magali.monceau@industrie-agroalimentaire.com

Magali Monceau, titulaire d’un Master en Biologie et Santé – Nutrition Humaine et développement de l’Aliment Santé -, elle est responsable qualité pour un laboratoire à Nantes et chroniqueuse également pour le site IAA.

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