HomeA la UneBrexit : Chez Mondelez, on se prépare (déjà) au pire

Brexit : Chez Mondelez, on se prépare (déjà) au pire

Mondelez réduit sa quantité de chocolat dans ses Toblerone.

En raison du manque de matières premières au Royaume-Uni, Mondelez envisage de grosses difficultés en cas de Brexit.

L’information, fin 2016, avait fait le tour du monde : pour contrer l’explosion des prix des matières premières due à l’annonce du Brexit, les barres de Toblerone avaient perdu quelques grammes. « Comme beaucoup d’autres entreprises, nous subissons une hausse des prix de nombreux ingrédients. Nous les supportons aussi longtemps que possible, mais pour garantir que Toblerone reste abordable en rayon et garde sa forme triangulaire, nous avons dû réduire le poids de deux de nos barres », expliquait alors la direction de Mondelez, alors que la recette de la célèbre barre chocolatée n’avait jamais évolué depuis 1908. La problématique pour Mondelez, deux ans plus tard, reste la même : « Le Royaume-Uni n’est pas autosuffisant en termes d’ingrédients alimentaires, cela pourrait être compliqué », affirme-t-on à la direction de l’entreprise. Le géant de l’agroalimentaire a cette fois tenu à anticiper en stockant des biscuits et des ingrédients en Grande-Bretagne.

Une attitude pessimiste, mais il y a de quoi : en cas de Brexit sans accord, il sera de plus en plus difficile pour Mondelez de s’approvisionner et de satisfaire la demande outre-Manche. Le groupe a encore plus de six mois pour être prévoyant : la sortie brutale du Royaume-Uni de l’Union européenne pourrait avoir lieu à la fin du mois de mars prochain. Mais un accord avec l’UE pourrait, d’ici là, être trouvé. Mondelez préfère cependant prendre ses précautions. « Nous nous préparons à un Brexit dur et, afin d’atténuer le choc pour Mondelez, nous stockons des niveaux plus élevés d’ingrédients et de produits finis », avoue le président de Mondelez Europe, Hubert Weber. Sans en dire plus, le patron de l’entreprise assure qu’« un plan de secours » a été mis en place pour parer à toute éventualité. Lequel ? Réponse en mars 2019.

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christine.loran@industrie-agroalimentaire.com

Christine Loran, diplômée en Microbiologie dans les industries agro-alimentaires à l’Université de Aix-Marseille et passionnée d’innovation agroalimentaire, écrit régulièrement pour le compte du site IAA.

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