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L’agroalimentaire français va-t-il perdre en compétitivité ?

[quote]Economie. L’outil industriel est en péril : la baisse des investissements dans l’agroalimentaire français inquiète, face à une concurrence allemande féroce.[/quote]

Les investissements dans l'agro en baisse

« Les entreprises françaises ont cessé d’investir en 2015. » Le constat est signé Jean-Philippe Girard, le président de l’Association nationale des entreprises alimentaires (Ania). Celui-ci estime que, si ces entreprises hexagonales « ne reconstituent pas leurs marges, elles vont encore perdre en compétitivité avec leurs voisines allemandes et même italiennes. » La faute notamment à une fin d’année chaotique : l’investissement est passé d’une moyenne de 9 % du chiffre d’affaires en début d’année à 1 % fin 2015. A cause, selon l’Ania, « des conditions de marché et de la pression sur les prix. » Même si les exportations ont repris.

Pas de modernisation de l’outil industriel

Et Jean-Philippe Girard est pessimiste. « C’est très inquiétant », dit-il. En grande partie car, selon lui, « cela pointe une grave perte de confiance des chefs d’entreprise. » Surtout, l’outil industriel est en péril : le manque d’investissements empêcherait sa modernisation et jouerait donc sur la capacité d’innovation de tout le secteur. Or, précise le journal économique Les Echos, cette innovation est « le nerf de la guerre lorsque la consommation est atone. » Pour pouvoir moderniser l’outil de production, l’investissement moyen devrait culminer à 5 % du chiffre d’affaires, estime l’Ania.

L’Association nationale des entreprises alimentaires a un coupable tout trouvé à ce manque d’investissements : le gouvernement qui, selon elle, ne soutient pas assez le secteur. « On nous avait promis de la simplification, de la visibilité et moins de charges. Au lieu de cela, l’empilement des nouvelles mesures se poursuit et la fiscalité s’est très notablement alourdie depuis trois ans », déplore Jean-Philippe Girard, qui rappelle que 200 entreprises connaissent des défaillances chaque année depuis 2009. En 2015, dit-il, ces « défaillances toucheront des unités plus importantes. »

La compétitivité de l’agroalimentaire français en danger (ici)

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christine.loran@industrie-agroalimentaire.com

Christine Loran, diplômée en Microbiologie dans les industries agro-alimentaires à l’Université de Aix-Marseille et passionnée d’innovation agroalimentaire, écrit régulièrement pour le compte du site IAA.

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