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Agroalimentaire breton : automne difficile ou été indien ?

Embargo russe sur l’alimentaire européen, conditions climatiques difficiles, contraintes fiscales et administratives, suppression des aides européennes à l’exportation… Certains acteurs de l’agroalimentaire breton sont en difficulté, d’autres ont réussi à reprendre pied.

Mercredi 24 septembre 2014, Stéphane Le Foll le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt a promis des mesures « concrètes et rapides » pour la production légumière bretonne. Cependant, « le gouvernement n’a rien fait pour structurer la filière avicole, dont les marchés sont en pleine expansion. Les déclarations de soutien ne suffisent pas, il faut des actes. Mais on attend toujours la dernière minute », déclarait à La Croix, Corinne Nicole (CGT).

L’avenir incertain de Tilly-Sabco

Daniel Sauvaget, le PDG de Tilly-Sabco, a annoncé lundi 22 septembre 2014 la cessation de paiement de l’entreprise. Mardi 30 septembre, Tilly Sabco a été placé en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Brest. Outre les 326 personnes directement employées sur le site de production, ce sont plus d’un millier d’emplois qui risquent d’être détruits si l’on prend en compte les éleveurs, les transporteurs et les fournisseurs d’aliments. Tilly Sabco est dans la difficulté depuis la suppression des aides européennes à l’exportation (55 millions d’euros par an pour la filière avicole française). Les difficultés se sont accentuées cet été après que Nutréa, le principal fournisseur de poussins pour les éleveurs, ait cessé d’approvisionner ces derniers faute de garantie de paiement. Reprendre une entreprise déficitaire est une mission difficile. Tilly-Sabco incarnerait-t-il le nouveau challenge d’Arnaud Marion, le sauveur de Doux ?

L’été indien pour le groupe Doux

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Arnaud Marion, le président du directoire de Doux, a sorti l’entreprise du rouge. Modernisation de l’abattoir de Chantonnay, gain de compétitivité de 20 millions d’euros, nouveaux partenaires stratégiques… Deux ans après son dépôt de bilan, Doux attire les convoitises et gagne de l’argent sans les aides européennes à l’exportation. Le groupe Doux résiste face au poulet brésilien et cible de nouveaux marchés.

Durant les mois de juin et juillet, 700 tonnes de poulet ont été exportés vers l’Egypte. Par ailleurs, des perspectives de coopération France Iran pourraient consolider la bonne santé de l’entreprise bretonne. Lors de la visite en Bretagne du ministre iranien de l’agriculture Hojjati Najaf, les 28 et 29 mai 2014, Jean-Charles Doux a déclaré : « on a de vraies perspectives, on pourrait envisager de produire 8 à 10 000 tonnes de poulet par semaine, rien que pour l’Iran, ce qui pourrait représenter un chiffre d’affaires de plusieurs millions d’euros ». L’objectif de la nouvelle stratégie Doux : 220 000 tonnes de volailles en 2016.

Bretagne : stratégies innovantes pour passer au vert

Le groupe Doux n’est pas le seul à innover en Bretagne. En effet, plusieurs entreprises bretonnes ont opté pour cette carte innovation afin d’optimiser leurs stratégies nationales et internationales. Ainsi, la Brasserie de Bretagne, située à Trégunc a développé Altiplano, une bière quinoa possédant trois labels, à savoir : Flo-Cert commerce équitable, Bio et AFDIAG sans gluten. En investissant 80 millions d’euros, la coopérative laitière bretonne Laïta accélère sa production de lait pour bébé pour mieux cibler la Chine.

Le numéro 1 des rillettes et pâtés dans l’Hexagone Hénaff s’est associé au géant américain de la saucisse Johnsonville afin de produire une saucisse US en Bretagne. Le groupe coopératif industrie agroalimentaire française Cooperl innove en privilégiant un porc sans antibiotique et en invitant les éleveurs à ne plus castrer les porcelets.

Tilly-Sabco : placé en liquidation judiciaire (ici)
Agroalimentaire. Le poulet tricolore se requinque, Doux se remplume (ici)

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magali.monceau@industrie-agroalimentaire.com

Magali Monceau, titulaire d’un Master en Biologie et Santé – Nutrition Humaine et développement de l’Aliment Santé -, elle est responsable qualité pour un laboratoire à Nantes et chroniqueuse également pour le site IAA.

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