Steak ou Fake ?

 

steakMangerons-nous de la viande d’imitation très bientôt ?

[quote]De grands acteurs du secteur de l’agro-alimentaire se préparent par des investissements massifs à l’émergence d’un nouveau marché : la simili viande[/quote]

Au vu d’un taux de croissance démographique toujours stable et d’un besoin en calories qui ne cesse de croître, des organismes internationaux à l’instar de l’OCDE et la FAO ont confirmé que d’ici 2023 la demande en viande ne cesserait de croître sur la planète. Ceci est tributaire du réveil africain et du développement des pays à forte croissance démographique d’Asie et d’Afrique dont la demande va continuer à augmenter. Les recommandations de la FAO pour le développement des protéines de substitution ont fait émerger l’alternative des élevages d’insectes, déjà fortement implantés en Asie. Mais de nouvelles technologies permettent aujourd’hui d’envisager des produits innovants sur lesquels misent les géants de l’économie numérique mondiale.

Twitter et PayPal investissent dans le simili-carné

Le rapport entre les géants du numérique et la viande de substitution ? L’aspect hautement technologique de la fabrication de cette nourriture du futur proche. Phénomène encore très récent, le simili carné représente 0.6% du marché global de la viande, pour des ventes évaluées à 300 millions de dollars en 2003. Elles sont passées en 2014 à 1 milliard de dollars. Ainsi de nouvelles start-up concentrent leur effort sur ce produit d’avenir, à l’instar de Modern Meadows qui peaufine un prototype d’imprimante 3D pouvant élaborer de la simili viande. Il s’agit pour les investisseurs du futur d’une niche pleine de possibilités lorsque les techniques de fabrication du produit seront totalement maîtrisées.

Innovation et économie de ressources

Mark Bittman, chroniqueur gastronomique célèbre outre-atlantique s’est récemment laissé tromper lors d’un test à l’aveugle en confondant du faux poulet confectionné par Beyond-Meat, une start-up américaine, avec un vrai blanc de poulet. Petit pois, extraits de soja, algues, mycoprotéines, pression, chaleur, refroidissements sont quelques uns des ingrédients et process qui réussissent à tromper les papilles les plus expertes. C’est donc un nouveau marché plus durable qui s’ouvre, celui des protéines alimentaires, et les pionniers du secteur ne souhaitent pas se cantonner aux seuls marchés des végétariens et végétaliens. Ainsi les saucisses à base de blé de la société Field Roast vendues dans les stades de baseball font un tabac auprès du public et des critiques gastronomiques. Cantonné un temps comme un produit marketing destiné à une cible ne mangeant pas de viande ou sensible aux méfaits de l’élevage instensif, les substituts de viande vont constituer la niche en or des décennies à venir : la FAO prévoit que la demande en protéines sur la planète double d’ici 2050.

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christine.loran@industrie-agroalimentaire.com

Christine Loran, diplômée en Microbiologie dans les industries agro-alimentaires à l’Université de Aix-Marseille et passionnée d’innovation agroalimentaire, écrit régulièrement pour le compte du site IAA.

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