Page d'accueilA la UneLe RoundUp, toujours malvenu en Europe

Le RoundUp, toujours malvenu en Europe

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Santé. La Commission européenne a voté et le verdict est tombé : la tentative de renouveler l’autorisation du glyphosate est un échec. Les Européens rejettent donc un éventuel retour du RoundUp.

Après plusieurs tentatives en vue d’autoriser de nouveau l’usage provisoire du glyphosate, ce pesticide controversé notamment connu pour être commercialité par Monsanto sous la marque RoundUp, la Commission européenne a voté contre ce projet. Initialement, la Commission projetait de repousser les délais de cette décision en proposant sans succès le renouvellement de l’autorisation d’exploitation pour quinze ans, puis neuf ans, avant de baisser sa requête à dix-huit mois afin que l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) fasse une nouvelle expertise sur ce produit phytosanitaire. Pour ce faire, la Commission avait besoin, lundi dernier, de 65 % des votes de ses Etats membres. Malte a voté contre, tandis que la France, l’Italie, la Grèce, l’Allemagne, l’Autriche, le Luxembourg et l’Autriche se sont abstenus. De l’autre côté, les vingt membres restants, représentant 52 % des suffrages, ont soutenu la proposition. Pas assez pour que l’autorisation soit votée. A partir du 30 juin prochain, il n’y aura plus de glyphosate en Europe. Un nouvel échec pour le célèbre RoundUp de Monsanto. Toutefois, la Commission ne s’attend pas, selon une source proche, à ce que le Comité d’appel qui se tiendra le 20 juin prochain arrive à changer la position des Etats membres.

Le glyphosate, le cancer européen

Inventé par la société Monsanto depuis une quarantaine d’années, le glyphosate est aujourd’hui un pesticide très répandu en agriculture conventionnelle : en France, 8 000 tonnes sont répandues annuellement. En mars 2015, ce produit a été classé « cancérogène probable » pour l’homme à la suite d’une revendication du Centre international de recherche sur le cancer, l’agence rattachée à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En réponse, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) s’est opposée à cet avis. La France, quant à elle s’est rangée du côté des protecteurs de la santé et de l’environnement. « Il y a quelques mois, la position générale au seins des Etats membres était de voter favorablement à la réautorisation. C’est la France qui a entrainé les autres derrière elle, malgré les lobbys agricoles qui sont rapidement intervenus », explique Ségolène Royal, la ministre française de l’environnement.

La délicatesse de l’affaire émane essentiellement de ses grands enjeux politiques. En effet, des divergences se sont fait sentir au sein des gouvernements : en Allemagne par exemple, le ministre de l’Agriculture Christian Schmidt (CSU) soutenait la proposition, alors que la ministre de l’Environnement Barbara Hendricks (SPD) y était opposée. De son côté, la Commission européenne n’était pas prompte à endosser la responsabilité politique de la remise en selle du glyphosate sans avoir l’accord de la majorité de ses membres.

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christine.loran@industrie-agroalimentaire.com

Christine Loran, diplômée en Microbiologie dans les industries agro-alimentaires à l’Université de Aix-Marseille et passionnée d’innovation agroalimentaire, écrit régulièrement pour le compte du site IAA.

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