Page d'accueilActualitésEconomieAu Québec, le secteur de l’agroalimentaire redoute l’augmentation du salaire minimum

Au Québec, le secteur de l’agroalimentaire redoute l’augmentation du salaire minimum

Le salaire minimum au Québec est de 10,75 dollars.

Alors qu’on évoque l’idée d’augmenter le salaire minimum au Québec, le secteur de l’agroalimentaire affirme avoir beaucoup à perdre si cette mesure était votée.

C’est l’un des dossiers chauds, voire brûlants, de la rentrée parlementaire au Québec. Depuis début août, les syndicats demandent au ministre des Finances du Conseil exécutif du Québec, Carlos Leitao, de faire passer le salaire minimum de 10,75 dollars canadiens de l’heure à 15 dollars. Une proposition d’augmentation de 50 % qui ne passe pas vraiment. Le ministre des Finances estime que le salaire minimum actuel est « approprié », déclarant qu’il ne voit « pas de problème à ce niveau-là. » Mais les syndicats ont décidé de ne pas en rester là. Il y a trois jours, l’Alliance de la fonction publique du Canada a occupé le bureau de Carlos Leitao et rappelé l’urgence de cette mesure. Le parti Québec solidaire réfléchit à une proposition allant dans ce sens.

Augmenter le salaire ferait augmenter les prix des menus de la restauration

Mais du côté de l’agroalimentaire, l’idée de passer à un salaire minimum de 15 dollars canadiens par heure effraie. Selon le quotidien La Presse et Sylvain Charlebois, doyen de la faculté de management et professeur titulaire en distribution et politiques agroalimentaires de l’Université Dalhousie, « il est évident qu’un salaire minimum augmenté à 15 $ l’heure serait problématique pour l’ensemble du secteur agroalimentaire. » Pourquoi ? Car, estime le journal canadien, « l’agriculture, la transformation alimentaire, la restauration, l’ensemble de l’industrie, et surtout les PME auraient beaucoup de difficulté à créer des emplois et à offrir des postes intéressants aux travailleurs en début de carrière. » Pour illustrer ses craintes, le quotidien s’appuie sur plusieurs études et sur quelques cas concrets, parmi lesquels celui des franchises.

Selon La Presse, une franchise rapporte « à peine » 200 000 dollars canadiens de profits chaque année. Augmenter les salaires amènerait forcément les enseignes à augmenter les tarifs de leurs menus de 20 % pour qu’elles s’y retrouvent. Plus généralement, explique Sylvain Charlebois, ce sont toutes les stratégies des entreprises qui devraient être revues en cas d’augmentation du salaire minimum. L’économiste assure que cette décision amènerait les enseignes de restauration à se passer des humains et à privilégier les bornes électroniques. Il affirme également que les petites entreprises ne pourront plus embaucher et que certaines d’entre elles pourraient « cesser leurs activités et ainsi pénaliser certains travailleurs en grand besoin de travail, jeunes et moins jeunes. »

Les articles dans la même thématique

SUIVEZ-NOUS SUR:

magali.monceau@industrie-agroalimentaire.com

Magali Monceau, titulaire d’un Master en Biologie et Santé – Nutrition Humaine et développement de l’Aliment Santé -, elle est responsable qualité pour un laboratoire à Nantes et chroniqueuse également pour le site IAA.

Noter cet article: