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Le prix du blé au plus bas depuis dix ans

La production de blé mondiale atteignant des volumes record, le prix du boisseau est descendu sous la barre des 4 dollars.

Le prix du boisseau de blé a chuté en-dessous des 4 dollars vendredi à Chicago, pour la première fois depuis 2006. Du fait d’une récolte exceptionnelle favorisée par de bonnes conditions météorologiques.

Le cours du blé n’aura jamais été aussi bas depuis dix ans. En effet, les récoltes ne cessent de s’amonceler chez les grands producteurs, de la Russie aux Etats-Unis, réduisant ainsi le coût des denrées de base dans le monde. Des plantations à grande échelle et des conditions météorologiques clémentes ont forcé les analystes à relever régulièrement leurs prévisions sur les récoltes. Le Conseil International des Céréales a ainsi relevé, la semaine dernière, sa prévision sur la production mondiale de blé, tablant cette année sur 743 millions de tonnes, en hausse de 1% par rapport à 2015.

Cette offre surabondante a entraîné une dépression des marchés des matières premières et réduit la pression sur les économies agricoles. Avec près de 220 millions d’hectares dédiés, les champs de blé couvrent davantage de superficie que n’importe quelle autre céréale. Conséquence : le boisseau de blé s’est échangé vendredi dernier à 3,835 dollars à Chicago, le cours le plus bas enregistré depuis septembre 2006. Les cours du blé ont ainsi chuté de 71% depuis 2008. « Le blé est une céréale qui peut être produite aussi bien dans l’hémisphère Nord que Sud, à l’Ouest comme à l’Est. Ce qui renforce la sécurité alimentaire de manière considérable », explique Ken Stein, co-directeur de Kottke Commodity Capital à Chicago. Rien qu’aux Etats-Unis, la récolte de blé l’hiver dernier a crû de 21% par rapport à l’année dernière, s’établissant à 45 millions de tonnes, selon le Département américain de l’Agriculture.

La France à contre-courant

Des problèmes de stockage inédits surgissent, non seulement aux Etats-Unis mais aussi en Russie, qui remportera cette année la palme du plus grand producteur de blé avec une production attendue de 70 millions de tonnes. Au Canada, le gouvernement anticipe sa deuxième récolte de blé la plus abondante depuis un quart de siècle, de l’ordre de 30,5 millions de tonnes. Mêmes attentes en australie, qui table sur une récolte de 26,5 millions de tonnes en 2016, un sommet jamais atteint depuis cinq ans.

Exception notable : la France. Des conditions météorologiques exécrables au printemps ont endommagé les champs de blé et causé une récolte exceptionnellement insuffisante. « De nombreux pays pourront emmagasiner beaucoup de blé cette année, en dépit des contre-performances en France et dans quelques autres pays où les récoltes ont été mauvaises », a ainsi précisé Abdolreza Abbassian, économiste spécialisé dans les céréales à la FAO, à Rome. Une bonne nouvelle, quand on sait qu’un individu consomme en moyenne 67 kilos de blé par an, et que la céréale est utilisée pour l’alimentation animale et la production d’éthanol. Le ratio production/consommation mondiale cette année sera positif de 10 millions de tonnes, selon l’économiste.

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magali.monceau@industrie-agroalimentaire.com

Magali Monceau, titulaire d’un Master en Biologie et Santé – Nutrition Humaine et développement de l’Aliment Santé -, elle est responsable qualité pour un laboratoire à Nantes et chroniqueuse également pour le site IAA.

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