Page d'accueilA la UneNégociations au point mort entre producteurs de lait et Lactalis

Négociations au point mort entre producteurs de lait et Lactalis

L'offre de Lactalis d'augmenter le prix des 100 litres de lait de 15 euros, a été rejetée par les producteurs.

Le groupe Lactalis a proposé vendredi aux éleveurs en colère une augmentation du prix du lait qu’il leur achète, dans une tentative de satisfaire leurs revendications. Une main tendue encore insuffisante pour la FNSEA.

Suite à la démonstration de force et à l’encerclement du siège de Lactalis, à Laval, par des centaines d’éleveurs excédés par le niveau jugé trop bas cours du prix du lait jugé, les négociations prévues et engagées jeudi 25 août avec les représentants du géant industriel des produits laitiers a tourné court. Vendredi, les éleveurs ont affirmé que la balle était dans le camp de Lactalis, qui devrait selon eux formuler une nouvelle offre d’augmentation. En effet, Lactalis avait proposé de relever de 15 euros le prix des mille litres de lait, une mesure qui serait appliquée dès le 1er septembre.

Cela reste encore insuffisant pour les syndicats et représentants des éleveurs ; la FNSEA a appelé à poursuivre le mouvement de protestation et a exigé l’intervention des autorités locales dans les négociations. Une réaction du principal syndicat agricole que Lactalis a qualifié d' »irresponsable ». Depuis lundi 22 août dans la soirée, le siège de Lactalis à Laval a été assiégé par les camions de centaines d’éleveurs déterminés à voir aboutir leur action. Des éleveurs qui avouent ne plus rien avoir à perdre si leurs revendications n’étaient pas satisfaites, étant donné que le niveau actuel des prix les condamnerait à une faillite inéluctable.

Un plan d’urgence public attendu en complément de la subvention européenne

Lactalis a néanmoins pris acte de ces revendications et tendu la main, déclarant que « malgré l’attitude irresponsable de la FNSEA, le groupe va augmenter, à partir du 1er septembre, le prix du lait ». Le groupe a en effet reconnu les « difficultés réelles rencontrées par les producteurs de lait ». Dans une déclaration à l’AFP vendredi, le porte-parole de Lactalis, Michel Valet, a justifié cette main tendue par la volonté de « montrer que nous continuons à avancer et à négocier mais hier », a-t-il souligné, « nous avions en face de nous des gens qui ne voulaient pas négocier ». Valet a ajouté que le leader de l’industrie laitière espérait trouver un terrain d’entente avec les producteurs.

Le mois dernier, l’Union européenne (UE) avait annoncé un ensemble de mesures de 500 millions d’euros pour maintenir les producteurs de lait hors de l’eau. L’abolition des quotas laitiers par l’UE en avril 2015 a contribué à la forte chute des prix – qu’une première aide décidée en septembre 2015 n’a pu compenser. Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, a indiqué vendredi qu’il allait dévoiler cette semaine un plan de régulation de la production, en accord avec la package européen et qui inclura des compensations pour ceux qui produisent moins de lait. L’Etat français pourrait ainsi doubler le montant de la subvention débloquée par l’UE, de l’ordre de 50 millions d’euros.

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Stéphanie Lefevre, experte en agroalimentaire et consultante en sécurité alimentaire à Annecy, met ses connaissances et sa passion de l’Industrie Agroalimentaire à disposition du média IAA en traitant des actualités.

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