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Avec Climate, Monsanto mise sur la digitalisation des exploitations agricoles

Climate Corp, filiale de Monsanto, investit dans la digitalisation des données agricoles.

Climate Corporation, filiale de Monsanto, la célèbre entreprise américaine spécialisée dans les biotechnologies agricoles, a annoncé mercredi qu’elle développe actuellement un nouveau détecteur pour les champs d’agriculteurs portés sur la digitalisation de leurs activités. Ce système vise à accroître le rendement des cultures et permet aux agriculteurs d’analyser en temps réel les informations recueillies sur les surfaces cultivées. L’infrastructure logicielle qui collecte ces données sera aussi utilisée par Monsanto pour mettre à jour et optimiser sa plateforme Climate FieldView.

Le développement de cette plateforme est lié aux accords de transferts de données déjà établis par Climate Corporation avec d’autres compagnies. « En accueillant sur notre plateforme d’autres acteurs de l’innovation agricole, nous accompagnons les agriculteurs dans la digitalisation de leur activité et facilitons par la même occasion leur mise en contact et le transfert de technologies provenant d’autres innovateurs », a ainsi déclaré Mark Young, le directeur technique de Climate Corp. « Le recueil des données issues directement du terrain, particulièrement précieuses, permettra à nos modèles de fournir aux agriculteurs des informations spécifiquement adaptées à leur exploitation », a-t-il ajouté.

Un risque de divulgation des données recueillies

En mettant la main sur Climate en 2013 pour près d’un milliard de dollars, Monsanto pensait tirer profit d’une pépite technologique prometteuse. Mais l’entreprise d’analyse de données ne s’est pas depuis transformée en cash machine pour le géant de l’agribussiness, selon les formations de Reuters. Comme Monsanto ou DuPont Pioneer, des sociétés ont également dépensé des sommes colossales dans les technologies relatives au recueil et à l’analyse des données issues directement des exploitations agricoles.

Si certains agriculteurs ont en effet vu leurs rendements s’accroître, d’autres ont néanmoins fait part de leurs inquiétudes concernant l’exploitation de leurs données par des tiers. Ils craignent notamment la revente de leurs données confidentielles à des traders ou des négociants sans scrupules. D’autant que Monsanto ne peut se targuer de jouir d’une réputation sans faille. Le président Farm Bureau du Dakota du Sud, Scott VanderWal, avait déjà exprimé sa préoccupation dès 2014 dans un entretien au quotidien américain USA Today : « Nous sommes réellement inquiets de ne pas savoir qui pourrait accéder à ces informations et ce que l’on pourrait en faire. (…) Il est encore trop tôt pour en évaluer toutes les conséquences ».

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christine.loran@industrie-agroalimentaire.com

Christine Loran, diplômée en Microbiologie dans les industries agro-alimentaires à l’Université de Aix-Marseille et passionnée d’innovation agroalimentaire, écrit régulièrement pour le compte du site IAA.

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