Page d'accueilA la UneLoi Biodiversité : pas d’interdiction des pesticides avant 2020 ?

Loi Biodiversité : pas d’interdiction des pesticides avant 2020 ?

La loi Biodiversité est enfin adoptée. Mais laisse du temps aux agriculteurs pour s'y adapter.

Environnement. Le projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages a enfin été validé. Mais il a légèrement été vidé de son contenu par les parlementaires.

Cela devait être la réforme environnementale du quinquennat de François Hollande. Une loi qui devait notamment permettre d’interdire des pesticides selon différentes modalités. Ces modalités ont finalement été tellement modifiées, débat après débat, que la substance du projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages s’est évaporée. Certes, les insecticides mettant en péril la vie des abeilles ont été interdits. Dès septembre 2018, les néonicotinoïdes, une famille d’insecticides dangereux pour les pollinisateurs et plus généralement pour la nature, seront interdits dans l’ensemble des cultures agricoles. Mais existe-t-il réellement des alternatives aux néonicotinoïdes ?

Un délai raisonnable pour les agriculteurs

C’est là que la loi perd tout son sens. Car, si aucune alternative n’est trouvée, les agriculteurs pourront obtenir des dérogations jusqu’à mi-2020. Ce sera aux ministères de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé de décider, par arrêté, de l’interdiction effective ou non des néonicotinoïdes dans deux ans. Du côté du gouvernement, on est fier de ce projet de loi. « Il faut accompagner les agriculteurs dans cette transition, qui peut être plus ou moins simple », explique Barbara Pompili, la secrétaire d’Etat à la biodiversité. « Mais l’interdiction est un signal fort et clair : on laisse jusqu’à quatre ans au monde agricole pour changer de pratique ».

De l’autre côté, ceux qui voulaient une interdiction des insecticides ferme dès 2018, voire 2017, sont déçus. Ils dénoncent le lobbying exercé par les entreprises de l’agroalimentaire. Ils sont également déçus de l’avancée de la fameuse Agence pour la biodiversité (AFB), promise par François Hollande, qui devait être le protecteur ultime de la nature dès 2017. Sauf que les organisations, comme l’Office national de la chasse ou celui des forêts, continueront à être indépendants et ne dépendront pas de l’AFB. Un institut qui risque donc de faire un flop très rapidement, malgré l’enthousiasme affiché par Barbara Pompili.

Les articles dans la même thématique

SUIVEZ-NOUS SUR:

christine.loran@industrie-agroalimentaire.com

Christine Loran, diplômée en Microbiologie dans les industries agro-alimentaires à l’Université de Aix-Marseille et passionnée d’innovation agroalimentaire, écrit régulièrement pour le compte du site IAA.

Noter cet article: