HomeA la UneLait européen : un marché unique mais inégalitaire

Lait européen : un marché unique mais inégalitaire

Le lait plus cher selon les pays de l'UE.

Lait. Malgré des règles communes, les producteurs laitiers de l’Union européenne ne sont pas payés de la même façon selon leur pays d’origine, voire leur région.

Mieux vaut être un producteur laitier chypriote que lituanien. Voilà le constat effectué par WikiAgri. Le « site communautaire à destination des agri-décideurs » a en effet calculé les prix payés aux agriculteurs dans le domaine laitier. Les différences entre pays sont très élevées, au sein même de l’Union européenne (UE). Selon le média en ligne, la tonne de lait est achetée 547 euros à Chypre, alors que les producteurs de Lituanie n’arrive à la vendre qu’à 171 euros. En Finlande, il faut débourser 372 euros pour acquérir une tonne de lait.

D’où viennent ces différences ? « Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le marché intérieur de l’Union européenne est un marché unique mais pas pour tous les produits agricoles et agroalimentaires », résume Jean-Paul Simier, directeur agriculture et agroalimentaire de Bretagne Développement Innovation. L’économiste explique que ,« dans chaque pays de l’Union européenne et dans leurs régions, la commercialisation du lait liquide repose sur une multitude de marchés de gré à gré avec des prix et des règles de fonctionnement spécifiques ».

De nombreux critères font varier les prix d’achat du lait

C’est donc le cas du lait. Notamment, explique WikiAgri, parce que « le lait liquide collecté dans les fermes est un produit consommé localement, peu transportable sur de longues distances et pas stockable en l’état ». Le prix d’achat du lait dépend donc des cours mondiaux du lait, mais également des cours des différents produits laitiers (poudre de lait, beurre ou fromage). Mais pas seulement, car au sein d’un même pays, des disparités sont également visibles. C’est surtout la demande qui fixe les prix et celle-ci diffère selon les régions de l’UE.

Mais il existe aussi d’autres critères qui font varier les prix… « L’autre facteur déterminant est une variable d’offre : le niveau de coût de production, notamment des fourrages et de l’alimentation, est très différent entre Nord et Sud de l’Europe, zone de plaine ou de montagne, zone humide ou zone sèche », indique Jean-Paul Simier, qui précise que, « en Irlande, les vaches sont nourries à l’herbe, au foin et à l’ensilage toute l’année, alors qu’en Espagne ou en Grèce, le fourrage est rare et coûteux à produire ». La fixation des prix du lait dépend donc d’une multitude de critères, d’où cette différence entre les Etats et en leur sein.

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christine.loran@industrie-agroalimentaire.com

<p>Christine Loran, diplômée en Microbiologie dans les industries agro-alimentaires à l’Université de Aix-Marseille et passionnée d’innovation agroalimentaire, écrit régulièrement pour le compte du site IAA.</p>

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