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L’huile de palme, entre business et environnement

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Environnement. Lors du dernier Salon de l’agriculture à Paris, l’huile de palme a été vantée pour son apport économique à l’Afrique. Malgré les polémiques environnementales liées à sa production.

Le Salon international de l’agriculture s’est terminé le 6 mars dernier à Paris. Parmi les produits phares présentés durant cet événement, l’huile de palme a suscité beaucoup d’intérêt. Avec notamment la présence de responsable agricoles de la Côte d’Ivoire, le deuxième grand producteur d’huile de palme en Afrique. Dans ce pays, les palmiers couvrent en effet plus de 200 000 hectares du territoire. Chaque année sont produites 350 000 tonnes d’huile de palme, dont près de la moitié est destinée au marché local. Le reste de la production couvre le marché africain. La commercialisation de cette huile rapporte au pays près de 850 millions d’euros par an et fait vivre 2 millions d’Ivoiriens. Mais face à l’accroissement de la demande mondiale — le marché enregistre une croissance annuelle de 5 % —, la production locale ivoirienne devrait encore augmenter dans les années à venir.

Des polémiques liées à l’impact sur l’environnement

En Europe, la production d’huile de palme est fortement critiquée à cause de son impact dangereux sur les forêts tropicales de l’Asie du Sud-Est. Le développement des palmiers dans ces lieux perturbe la biodiversité et le mode de vie des populations locales, et menace surtout la survie des orangs-outans, cette espèce animale en voie d’extinction qui s’est réfugiée dans ces forêts. « En Indonésie particulièrement, l’équivalent d’un terrain de football de forêts disparaît toutes les dix secondes », indique l’organisation environnementale Les Amis de la Terre. Ces défenseurs de l’environnement accusent, depuis plusieurs années, les acteurs de l’agroalimentaire de piller les forêts tropicales — exploitation illégale, incendies, viol des droits des habitants et des animaux — et cela n’est pas près de s’arrêter.

La déforestation, notamment en Afrique, est également au cœur des critiques. Les organisations environnementales accusent les industriels de l’agroalimentaire d’avoir rasé de nombreuses forêts tropicales. Ces derniers, vis-à-vis de l’huile de palme, envisagent l’avenir différemment : le géant Nutella, pour lequel Ségolène Royal avait appelé au boycott, a réagi via des communiqués de presse en soulignant que si l’huile de palme n’a pas été encore remplacée, c’est parce qu’elle garantit l’onctuosité et permet d’obtenir une consistance sans passer par un processus d’hydrogénation des matières grasses. D’autres industriels ont décidé de devenir « éco-friendly » et d’arrêter d’utiliser cet ingrédient dans leurs produits.

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christine.loran@industrie-agroalimentaire.com

Christine Loran, diplômée en Microbiologie dans les industries agro-alimentaires à l’Université de Aix-Marseille et passionnée d’innovation agroalimentaire, écrit régulièrement pour le compte du site IAA.

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