Page d'accueilA la UneLe hard discounter Aldi bannit les oeufs de batterie de ses magasins européens

Le hard discounter Aldi bannit les oeufs de batterie de ses magasins européens

La chaine de hard discount Aldi supprime les oeufs de batterie de ses rayons.

Volaille. Le hard discounter Aldi s’est engagé à stopper la vente d’oeufs issus de l’élevage de poules en batterie dans l’ensemble de ses magasins à l’international, y compris en France, d’ici 2025.

La chaîne allemande de hard discount Aldi se distingue. Elle devient la première multinationale de la distribution à annoncer, ce lundi 1er août, la suppression des oeufs de batterie de ses rayons d’ici 2025. Une mesure qui s’appliquera à chacun de ses cinq mille points de vente, répartis dans neuf pays européens : outre l’Allemagne, ce sera le cas pour la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Pologne, l’Espagne, le Danemark, le Portugal et, bien entendu, la France.

Cette décision fait suite aux pressions exercées par les organisations de défense du bien-être animal. Elle ne fait d’ailleurs qu’entériner une disposition légale, qui bannit depuis 2012, en Europe, l’élevage classique de poulets en batterie. La réglementation ne s’applique toutefois pas aux sites de production utilisant des cages « améliorées », même si elles restent qualifiées de « cruelles » par les défenseurs des animaux.

La France à la traîne

Néanmoins, des militants de la cause animale se félicitent de cette avancée majeure. « Aldi est la première multinationale de la distribution de l’histoire à s’engager à se fournir en oeufs de poule élevées hors cage. Elle montre qu’appliquer ce type d’initiative est possible et ouvre ainsi à la voie à d’autres chaînes internationales », explique David Coman-Hidy, directeur exécutif de The Human League. « Aldi a su se montrer à l’écoute d’une société qui réprouve la cruauté de l’élevage en batterie », renchérit Brigitte Gothière, porte-parole de L214, autre association de protection des animaux. « Le hard discount prouve aux autres supermarchés que rien ne légitime la maltraitance des poules en cage », tient-elle à ajouter. L’association L214 s’était déjà réjouie, la semaine dernière, de l’abandon de l’utilisation des oeufs de batterie par Sodexo.

Certes, d’autres chaînes de supermarchés – comme Walmart aux Etats-Unis, Tesco au Royaume-Uni ou encore, Monoprix et Simply Market en France – avaient déjà banni les oeufs de batterie de leurs rayons mais seulement au niveau national. Même si dans ce domaine, la France a fait des progrès, elle accuse cependant un certain retard par rapport à ses voisins européens. La proportion de poules élevées en batterie y est certes passée de 96 %, en 1990, à 68 % en 2014, au profit de l’élevage en plein air. Mais les volailles en cage restent dans notre pays 10% plus nombreuses que la moyenne européenne. Pourtant, une généralisation plus poussée de cette mesure serait favorablement accueillie par les consommateurs français : selon des données fournies par l’Institut technique de l’aviculture (Itavi), le volume d’œufs issus de poules en cages acheté par les clients de supermarchés est passé de 64 % en 2012 à 52% en 2014.

Les articles dans la même thématique

SUIVEZ-NOUS SUR:

magali.monceau@industrie-agroalimentaire.com

Magali Monceau, titulaire d’un Master en Biologie et Santé – Nutrition Humaine et développement de l’Aliment Santé -, elle est responsable qualité pour un laboratoire à Nantes et chroniqueuse également pour le site IAA.

Noter cet article: