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Glyphosate : l’Europe en reprend pour cinq ans

Roundup Monsanto

L’Union européenne a décidé de prolonger de cinq ans l’autorisation de la vente et de l’utilisation de glyphosate. La France, elle, veut raccourcir ce délai de trois ans.

La décision a surpris, notamment en raison du surprenant retournement de situation provoqué par le vote allemand. La France, elle, était dans le camp des opposants au glyphosate, l’herbicide notamment vendu sous la marque Roundup aux agriculteurs. Lundi dernier, lors d’un scrutin de l’Union européenne, la prolongation pour cinq ans de l’autorisation du glyphosate a finalement été validée, l’Allemagne, mais aussi le Royaume-Uni entre autres, votant en faveur de cette décision. Ils sont en tout dix-huit pays a avoir voté pour cette prolongation, neuf votant contre. La France avait pourtant évoqué « les risques » de l’herbicide puisque plusieurs études montrent la dangerosité de ce produit. « La France veut construire une sortie progressive du glyphosate et, avec plusieurs partenaires, pense qu’une durée plus courte serait possible », a déclaré avant le scrutin Brune Poirson, la secrétaire d’Etat auprès de Nicolas Hulot. L’Hexagone a d’ailleurs prévenu qu’il irait dans ce sens en interdisant plus tôt que les autres pays européen la vente de Roundup, le produit phare du groupe Monsanto, sur son territoire.

Une manifestation des agriculteurs

Une déclaration que la FNSEA, le principal syndicat agricole, a du mal à digérer. La Fédération dit qu’elle « s’interroge sur la politique européenne que le président veut conduire en France. » Pour elle, « cela correspond à du nationalisme. » Le secrétaire général adjoint du syndicat, Eric Thirouin, se dit en désaccord avec Emmanuel Macron qui dit avoir « demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans. » Eric Thirouin reproche au président de balayer, d’un revers de la main, « deux ans de débats » et demande ce « que deviennent les agriculteurs là-dedans. » Le secrétaire général adjoint de la FNSEA indique par ailleurs que, « d’ici quelques jours, l’ensemble des agriculteurs, toutes productions confondues, manifesteront sur tout le territoire pour mettre en avant ces contradictions, ces distorsions et, au fond, ces injustices qui touchent l’ensemble des agriculteurs. »

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christine.loran@industrie-agroalimentaire.com

Christine Loran, diplômée en Microbiologie dans les industries agro-alimentaires à l’Université de Aix-Marseille et passionnée d’innovation agroalimentaire, écrit régulièrement pour le compte du site IAA.

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