HomeActualitésEconomieEn France, le bio doit prendre la mesure de son succès

En France, le bio doit prendre la mesure de son succès

Label agriculture bio.

La France va devoir importer des aliments bio, les habitants de l’Hexagone en étant de plus en plus friands. Il faut, estime la Coface, changer de stratégie.

Alors que, le 21 décembre, les Etats Généraux de l’Alimentation seront clôturés, l’assurance-crédit Coface livre une étude complète sur l’émergence du bio. Les chiffres sont très prometteurs : certes, l’alimentation biologique ne représentait encore, en 2016, que 3,5 % des ventes de l’agroalimentaire. Mais ce secteur devrait enregistrer une hausse de 14 % cette année et dépasser les 8 milliards d’euros de chiffres d’affaires. De nouvelles pratiques de consommation qui devrait amener les agriculteurs et les industriels à mieux prendre en compte le phénomène bio. Car selon la Coface, les exploitations et les entreprises françaises accusent un sacré retard et doivent absolument faire leur révolution.

Augmenter les rendements

« L’offre française semble peiner à répondre à une demande dynamique », peut-on lire dans l’étude publiée par la Coface, qui estime que « l’augmentation des rendements, via l’innovation et/ou l’extension des surfaces cultivées en bio est une question clé. » Troisième marché mondial du bio, avec 7 % du marché planétaire, la France surpasse la Chine et le Canada mais peine à rattraper son retard sur l’Allemagne et, surtout, sur les Etats-Unis. Or, précise l’assurance-crédit, « la consommation augmente plus vite que l’offre depuis 2016, les conversions se sont ralenties, et on a recommencé à importer, avec même des tensions sur certains approvisionnements. » Il faut prévoir une mutation « pour accroître ses rendements et son échelle de production », sinon la filière bio « sera contrainte de recourir encore plus aux produits importés », indique le rapport de la Coface.

L’innovation au service du bio

Quelles sont, alors, les solutions ? Pour l’assurance-crédit, il est « inévitable » d’envisager un agrandissement des exploitations bio, et ce, « malgré la réticence d’une partie des acteurs craignant que la notion d’agriculture biologique ne soit dénaturée par une industrialisation excessive de la production. » En effet, pas facile d’augmenter la production en gardant la nature de l’alimentation bio. Mais cet « accroissement des rendements » pourra se faire « grâce à des économies d’échelle » et « une meilleure qualité des produits », assure la Coface. Ce qui permettra ainsi de limiter « les risques de résidus de produits chimiques des surfaces environnantes. » L’assurance-crédit avance des solutions technologiques, comme « l’utilisation de capteurs » qui permettront de détecter les risques de maladies, des « stations météo connectées » ou encore des « détecteurs de niveau » pour les céréales. Ou quand le bio peut grandir grâce à l’innovation. En 2018, la Coface prévoit une nouvelle augmentation de 10 à 15 % de la consommation d’aliments biologiques en France.

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