Page d'accueilActualitésVers un étiquetage couleur pour les aliments à risque ?

Vers un étiquetage couleur pour les aliments à risque ?

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Marisol Touraine veut imposer un code couleur pour classer les produits alimentaires selon leur impact sanitaire. Pas si simple.

Certains pays pratiquent déjà cette forme d’étiquetage. En Grande-Bretagne, une icône symbolisant un feu rouge s’affiche sur certaines denrées : selon la teneur potentielle en cholestérol ou en sources de diabète, le feu passe du vert au rouge vif. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, souhaite s’en inspirer et voudrait instaurer un code à cinq couleurs – comparable au système préconisé par 60 millions de consommateurs. A chaque type de risque – impact sur le système cardiovasculaire, obésité, etc. – serait affectée une teinte précise. Le but ? Délivrer au consommateur une information nutritionnelle impartiale, qui se surajouterait à l’indication déjà obligatoire de substances allergènes. Rien de renversant donc, dans la mesure où d’autres domaines mettent en garde les utilisateurs. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a ainsi institué des pastilles, apposées au début des programmes, afin de mettre en garde sur l’âge minimal nécessaire pour les regarder. Les chaînes ont levé les boucliers mais ont finalement cédé. Et ce code est rentré dans les mœurs sans faire de vagues.

Les lobbys agro à la manœuvre

En France, pour régler un problème, on met en place une commission bardée d’experts. Ce que la ministre Touraine propose était pourtant d’une simplicité biblique : du vert, signe d’un produit équilibré, au rouge pour les plats dangereux pour l’organisme. L’industrie a riposté habilement, évitant le choc frontal avec cette initiative : elle a demandé à imaginer son propre étiquetage. Or, il s’est avéré que de nombreux experts travaillaient de fait pour l’agroalimentaire, tout en devant statuer sur leurs produits. Juge et parti. Résultats : une cacophonie teintée de rumeurs de corruption. Et pendant ce temps, 17% des Français souffrent d’obésité. Mais les producteurs de la malbouffe conservent les moyens de faire traîner les décisions.

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stephanie.lefevre@industrie-agroalimentaire.com

Stéphanie Lefevre, experte en agroalimentaire et consultante en sécurité alimentaire à Annecy, met ses connaissances et sa passion de l’Industrie Agroalimentaire à disposition du média IAA en traitant des actualités.

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