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Ebola menace la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest

Selon un rapport de la FAO publié le 2 septembre 2014, l’épidémie d’Ebola met en péril les récoltes et augmente la pression sur les prix de l’alimentaire. Ce rapport met en garde contre le manque de main-d’œuvre lié à la restriction sur le déplacement des personnes et sur les mises en quarantaine. D’après l’ONU, plus d’un million de personnes sont menacées par la famine en Somalie.

Le bilan Ebola dressé par l’Organisation mondiale de la santé est alarmant. Le 28 août 2014, l’OMS a recensé 3 064 personnes atteintes par le virus Ebola et 1 552 décès. Le nombre de victimes pourrait atteindre 100 000 d’ici fin décembre. Mardi 2 septembre 2014, l’ONU a publié un rapport mettant en exergue les fortes inquiétudes sur la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest. Ainsi, l’ONU a relèvé que plus d’un million de personnes en Somalie sont classées en niveau «urgence» alimentaires. Il s’agit du dernier stade avant celui de «famine» sur l’échelle de classification de la faim de l’ONU.

Insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest

En Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, les mesures prises pour contenir l’évolution de l’épidémie d’Ebola ont réduit significativement la commercialisation de la nourriture. Ceci a provoqué une frénésie d’achats, une pénurie de nourriture et une hausse significative des prix.

D’après l’alerte diffusée par la FAO, la restriction sur le mouvement des populations provoquera une pénurie de main-d’œuvre pourtant nécessaire à la récolte des deux principales cultures, à savoir : le riz et le maïs. Cette pénurie aura des répercussions négatives sur la production agricole et mettra en péril la sécurité alimentaire d’un grand nombre de personnes.

Ebola : flambée fulgurante des prix

La Guinée, le Libéria et la Sierra Leone sont très dépendants de l’importation de céréales. La fermeture de plusieurs frontières et la mise en quarantaine de certaines zones transfrontalières aura un impact important sur la hausse des prix de la nourriture. A titre d’exemple, au marché de Monrovia, capitale du Liberia, le prix du manioc a enregistré une augmentation de 150% durant les premières semaines d’août. « Avant même l’épidémie d’Ebola, des ménages de certaines zones aujourd’hui affectées dépensaient jusqu’à 80% de leurs revenus dans l’alimentaire », a déclaré Vincent Martin, un responsable de la FAO. « A présent, la flambée des prix place la nourriture hors de leur portée. »

Afin de répondre rapidement aux besoins des populations touchées par le virus Ebola, le Programme alimentaire mondiale (PAM) mené par les Nations unies a lancé une opération régionale d’urgence. Celle-ci devrait fournir 65.000 tonnes de nourriture à près d’1.3 million de personnes. Par ailleurs, la FAO est en train d’organiser des évaluations rapides pour identifier les mesures à adopter. L’objectif principal est « d’atténuer l’impact du manque de main d’œuvre durant la période de récolte et durant les activités post-récoltes ».

Virus Ebola : insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest (ici)

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magali.monceau@industrie-agroalimentaire.com

Magali Monceau, titulaire d’un Master en Biologie et Santé – Nutrition Humaine et développement de l’Aliment Santé -, elle est responsable qualité pour un laboratoire à Nantes et chroniqueuse également pour le site IAA.

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