HomeA la UneCombien la grève de la SNCF a-t-elle coûté à l’agroalimentaire ?

Combien la grève de la SNCF a-t-elle coûté à l’agroalimentaire ?

Les acteurs des secteurs agricole et agroalimentaire tirent la sonnette d’alarme : la grève de la SNCF leur a coûté 2 milliards d’euros. Ils réclament des mesures.

2 milliards d’euros. Quelques jours après la grande grève lancée par les cheminots de la SNCF, la note des pertes de l’industrie agroalimentaire est salée. En effet, les usagers de la SNCF ne sont pas les seuls à avoir pâti de ce mouvement, puisque les industries qui ont l’habitude de faire transiter leurs produits par voie ferrée ont dû prendre leur mal en patience. Le journal de France 2 cite notamment une coopérative céréalière du nord de Paris qui, pendant une dizaine de jour, n’a pas pu voir un seul wagon de fret là où, en période normale, deux à trois wagons sont remplis chaque semaine.

Concrètement, cela a posé de gros problèmes de production, mais surtout de stockage et de gaspillage puisque, pour cette coopérative, le blé et le colza n’ont pas pu partir à destination des clients habituels. Pour tenter de parer au problème de grève, comme de nombreuses entreprises en France, la coopérative a tenté de passer par la route. Mais les coûts et la logistiques sont autrement plus élevés que via la SNCF. En effet, pour remplacer un train de céréales, la coopérative a dû affréter 45 camions. Résultat : le prix du transport a augmenté de 20 %. Et pour les fournisseurs, impossible de répercuter ces augmentations sur le prix de vente.

Autre risque : perdre des clients. Car en attendant, les industriels se sont, eux, approvisionnés chez d’autres fournisseurs, notamment à l’étranger. C’est tout un secteur qui a été touché puisque le fret ferroviaire, selon le journal télévisé, transporte 13 % de la totalité des produits agricoles et alimentaires en France. Les producteurs demandent donc aux autorités, en cas de future grève, d’être prioritaires sur les autres secteurs. C’est la survie de tout un secteur qui en dépend. En tout cas, la perte pour celui-ci aura été de 2 milliards d’euros. Et ça, les fournisseurs de céréales et d’autres matières premières ont du mal à le digérer.

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christine.loran@industrie-agroalimentaire.com

Christine Loran, diplômée en Microbiologie dans les industries agro-alimentaires à l’Université de Aix-Marseille et passionnée d’innovation agroalimentaire, écrit régulièrement pour le compte du site IAA.

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