Page d'accueilInnovation AgroalimentaireBretagne : le thon japonais vise l’Europe

Bretagne : le thon japonais vise l’Europe

Thon japonais lamelles

Une usine bretonne de « katsuobushi » vient d’être inaugurée. Elle vise la popularisation de ces lamelles de thon séchées en Europe, considérées comme un ingrédient essentiel de la cuisine japonaise.

Après avoir séché et fumé la bonite, un poisson cousin du thon — également appelé thon listao —, et l’avoir coupé en très fines lamelles, ce dernier devient l’un des essentiels ingrédients de la gastronomie japonaise : le « katsuobushi. » Utilisé tous les jours dans la cuisine japonaise, il reste encore un aliment très peu connu en Uccident. À Concarneau, en Bretagne, Makurazaki France vient d’inaugurer, juste à côté du port de pêche, la toute première usine en Europe de « katsuobushi. » Une aubaine pour la région et une façon pour les Japonais de faire découvrir leurs mets. « Nous avons constaté un intérêt croissant pour notre cuisine traditionnelle. Notre but est d’approvisionner les consommateurs européens », précise le PDG de l’entreprise, Katsuhiko Oishi.

1 euro pour 10 grammes de « katsuobushi »

Or, à cause de la hausse des coûts et des normes sanitaires en Europe compliquées, l’exportation du mets en France est complexe. C’est pour cela que, en 2014, dix investisseurs du Japon ont décidé la création de l’entreprise Makurazaki France à Makurazaki, la ville de la région de Kagoshima experte dans la préparation du « katsuobushi » depuis plus de trois siècles. Par la suite, direction l’Europe. Le directeur de la filière bretonne, Gwenaël Perhirin, précise qu’« il était plus simple de construire directement une unité en France et de distribuer le « katsuobushi » en Europe à partir de là. » La succursale française a démarré avec six employés, qui étaient formés au Japon à la découpe de la bonite.

Une tonne de bonite est livrée quotidiennement à Makurazaki France, qui compte 760 mètres carrés d’aire de production. C’est la Compagnie française du thon océanique (CFTO) qui se charge de la pêche de la bonite en Atlantique et dans l’océan indien, de sa congélation et de sa livraison en Finistère. Ensuite, l’entreprise concarnoise se charge de la décongeler, la découper, la cuire, la fumer, la sécher, l’affiner et à la fin la découper en lamelles extrêmement fines. 200 kilos de produit fini resteront à la fin. La première étape pour l’atteinte de l’objectif de Makurazaki France consiste à fournir le « katsuobushi » aux restaurants japonais à travers le Vieux Continent. Par la suite, l’entreprise bretonne proposera aux chefs français de tester cet aliment, puis d’en faire un ingrédient principal dans leur cuisine. 40 grammes de « katsuobushi » devraient coûter près de 4 euros.

Les articles dans la même thématique

SUIVEZ-NOUS SUR:

magali.monceau@industrie-agroalimentaire.com

Magali Monceau, titulaire d’un Master en Biologie et Santé – Nutrition Humaine et développement de l’Aliment Santé -, elle est responsable qualité pour un laboratoire à Nantes et chroniqueuse également pour le site IAA.

Noter cet article: