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Agroalimentaire : combien a coûté la guerre des prix ?

Alors que les industriels attendent impatiemment l’entrée en vigueur de la loi sur l’alimentation en France, l’Ania fait le bilan de la guerre des prix.

4 milliards d’euros. Le chiffre donne le tournis. Il correspond à la perte sèche de la filière alimentaire française à cause de la guerre des prix, entre 2014 et 2017. Ces statistiques de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) montrent que les engagements pris ces dernières années par la grande distribution n’ont pas vraiment eu l’effet escompté : « Les négociations commerciales se sont déroulées dans un climat catastrophique », résume Jean-Philippe Girard, président de l’association, qui affirme que la moitié des entreprises agroalimentaires ont dû accepter des baisses de prix après près de quatre ans de déflation continue.

Les matières premières en hausse

Selon l’Ania toujours, plus de 70 % des entreprises alimentaires « se sont vu refuser la prise en compte de la hausse des matières premières. » Et cela a une incidence sur les bénéfices, puisque les matières premières représentent de 55 à 80 % des coûts totaux de production. Les marges des industriels sont au plus bas : en quarante ans, jamais elles n’avaient atteint un niveau si faible. En dix ans, la marge des entreprises a baissé de 10 %. De quoi fragiliser tout un secteur et limiter les investissements et innovations dans l’agroalimentaire, et ce malgré une hausse de 4 % du chiffre d’affaires de la filière en 2017.

L’agroalimentaire, toujours générateur d’emplois

L’Ania pointe cependant quelques satisfactions. Outre la hausse du chiffre d’affaires du secteur — 180 milliards d’euros en 2017 —, la relance des exportations a permis à la filière de se maintenir en forme. Mais cette relance reste timide. Les 4 500 emplois créés, portant à près de 430 000 emplois directs, est également un point positif. Mais l’Ania déplore que, « malgré les Etats généraux de l’alimentation, et malgré la charte de bonnes pratiques signée par toutes les enseignes en novembre dernier », la situation reste globalement négative. Si la guerre des prix se poursuit, conclut l’Ania, entreprises et agriculteurs connaîtront des années difficiles.

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magali.monceau@industrie-agroalimentaire.com

Magali Monceau, titulaire d’un Master en Biologie et Santé – Nutrition Humaine et développement de l’Aliment Santé -, elle est responsable qualité pour un laboratoire à Nantes et chroniqueuse également pour le site IAA.

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